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A PART JEAN D'O...


TOUS LES ARISTOS ME 
SORTENT PAR  LES TROUS DE NEZ...


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Chapitre 1

D’aucuns diront et je les entends d’ici « mais qu’a-t-elle donc encore inventé ? »
Bon, vous l'aurez compris... Dans les milieux dit BC-BG (bon chic, bon genre), l’invention, le hors-normes, le décalé, l’inédit, le déplacé (ah, quelle horreur, suis-je déplacée ??) ne sont pas de bon ton….
Et à part Jean d’O, sauf exception, je n’aime pas les aristos…
Mais alors quel est le bon ton ?

Commençons par le commencement, si vous le voulez bien…
Et tout d’abord, qu’est-ce qu’un aristo ?

Définition du Petit Larousse :
Un aristo, je cite, est un Membre de l’Aristocratie. Bon… jusque-là, pas de panique. Poursuivons… Personne qui a de la distinction, des manières et des qualités mondaines. Très bien. Maintenant, allons voir dans Aristocratie. Forme de gouvernement dans lequel le pouvoir est détenu par un petit groupe de personnes constituant l’élite. A noter tout de même qu’aux VII et VIème siècle avant Jésus-Christ, dans la Grèce antique, c’était un régime de transition entre la monarchie et la tyrannie (mon dieu, quelle horreur !) à laquelle succéda la démocratie (ouf). Bien. Mais encore…

Classe des nobles : personnes qui détiennent le pouvoir dans cette forme de gouvernement.

Domaine littéraire, toujours suivant le Petit Larousse : petit nombre de personnes qui ont la prééminence, qui se distinguent dans un domaine quelconque, l’élite : aristocratie des lettres, de l'industrie. Il n’y a pas d’autres catégories énoncées. Pourquoi ? On se le demande...
Il n'y aurait donc pas de possibilité de distinction chez les commerçants, le clergé, les cordonniers, les bouchers, les anthropologues, les rhumatologues, les spéléologues et dans tous les autres métiers, trop nombreux pour les citer ?
Bon...

En bref, donc, si j’ai bien tout compris, un aristo est un type ayant un certain pouvoir, de belles manières, de la classe, de la distinction et le sens des mondanités. Un dandy, en fait !
Faisant partie d'une certaine élite. Un privilégié !
Détenant un certain pouvoir. Une personne d'influence !
Ayant des codes de conduite : honneur, respect de la parole, sens des responsabilités, honnêteté, droiture. Normalement quelqu'un de bien.
Bon...
A condition que ces qualités soient réelles et non le reflet d'une pâle copie d'un aïeul par mimétisme. Ou pire, l'expression d'une névrose, la vérité étant à l'opposé de ce qui est dévoilé.
Ayant une particule : de, d-e-, d', de la, des ou du mais attention, cette particule ne peut être considérée à elle-seule comme un signe de noblesse. Certains nobles authentiques n'ont pas de particule et certaines particules n'attestent en rien  de la qualité nobiliaire de celui qui la porte. Entre parenthèses :  ne jamais nommer la particule lorsque le nom est employé sans prénom ou sans titre ou encore au pluriel. Par exemple, on ne dit pas "les de Montherlant" mais "les Montherlant" mais si la particule est des, du ou d', la famille peut être nommée avec elle. Par exemple, les des Cars, les du Bellay, les d'Ormesson...
Les aristos sont très à cheval là-dessus.
De même, il est complètement prohibé de mettre une majuscule à la particule, c'est le pire affront que l'on puisse faire à un aristo.
- Non mais tu te rends compte, il a mis un grand D à ma particule !!!
Quel plouc...!
Mon dieu, crime de lèse-majesté...!
Oui, sauf que le plouc en question n'a certainement pas reçu la même éducation, ne connaît rien aux codes de la noblesse française, croit bien faire en mettant une majuscule à la particule parce que lui, il s'appelle Dos Santos avec un grand D et que chez lui, c'est comme ça qu'on fait...
Mais les aristos ont horreur qu'on égratigne leur nom...
- Ah mon dieu, quelle éducation, vite mes sels...Célestine !
- Oui, Madame, j'arrive...
Chez les aristos, il y a aussi toujours une Célestine qui traine, une domestique si vous préférez... Une dame à tout faire, au service de Madame, qui range, nettoie, lave, sèche, repasse, fait les courses et la cuisine et finit par trépasser après 82 ans de bons et loyaux services auprès des quatre générations de la même famille. Elle s'est occupée des arrière grands-parents, puis des grands-parents, puis des parents et enfin des enfants des parents et si elle n'a pas encore trépassé, des enfants des enfants des parents...
En plus de ces tâches ménagères, elle a aussi souvent "boboté", consolé, rabiboché, été celle à qui on pouvait tout raconter et de surcroît, toujours là... présente, accueillante, souriante, maternante, une vraie maman de remplacement.
Mais revenons à nos moutons...
La particule... La fameuse particule...
Celle, par qui l'aristocrate, va s'autoriser à "péter plus haut que son cul".
Définition du dictionnaire : tenter d'évacuer un trop-plein de gaz intestinaux par un endroit placé plus haut que l'orifice naturel.
Autrement dit, va se prendre pour un personnage très important, au dessus de la masse, se croyant bénéficiaire de tous les privilèges dont celui de ne pas péter comme tout le monde.
"Excusez-moi, je suis aristo, pourriez-vous avoir l'obligeance de vous pousser un peu car je vais péter..."
Ce qui nous amène à la conclusion suivante :
L'aristo a besoin de place pour évacuer son trop-plein.
Il ne peut supporter la trop grande proximité.
Dans la majorité des cas, il brûle de passer avant tout le monde,
dans les magasins, au cinéma, à la Poste ou ailleurs car il déteste faire la queue. Pour autant, il ne le montre pas car un aristocrate, digne de ce nom, se contient, éducation oblige.
C'est d'ailleurs pour ça, qu'il pète plus souvent qu'à son tour.
S'il doit attendre, il le fait bon gré, mal gré, car il connaît parfaitement bien les règles de politesse mais maudit intérieurement le petit personnel manquant qui, oh rage, oh désespoir, n'est pas là pour lui baiser les pieds.
Quand son tour arrive enfin, il déclame la longue liste de courses que lui a donné sa femme, s'il est marié, ou sa concubine, s'il vit dans le péché.
- Bonjour Mademoiselle, je voudrai une baguette (s'il est à la boulangerie) ou une côtelette (s'il est à la boucherie).
S'ensuit une multitude de demandes sur la cuisson qu'il veut parfaite, grillée, oui, mais pas trop, non pas celle-ci, plutôt celle-là, suivie de deux ou trois croissants mais pas ceux de la dernière rangée, plutôt ceux qui sont dans la corbeille... "oui, c'est parfait Mademoiselle" et "mettez-moi aussi des fondants au chocolat, soyez gentille", par exemple, "le deuxième en partant de la droite et le dernier en partant de la gauche au dernier rang, attention pas celui que vous avez dans la main, il dégouline, prenez celui d'à côté, vous serez bien aimable", "oui, non pas celui-là, celui qui est juste à votre gauche, Mademoiselle"...
Quand c'est à la boucherie, il désire sa côtelette ou ses côtelettes, en général dans le filet à condition que celles-ci soient tendres, moyennement épaisses, 1,8 cm environ, en tout cas pas plus de 2,11 cm, pas mètre... oui, le boucher avait bien compris mais l'aristo précise toujours pour le cas où ce dernier serait un peu "bouché"...
Quand il sort enfin du magasin, les bras chargés de multiples victuailles, il téléphone à sa femme pour la prévenir qu'il arrive. Mais 9 fois sur 10, celle-ci a oublié quelque chose. Les couches du petit dernier, le stylo bleu de Marie-Ségolène, le ballon d'Enguerand ou encore la boite de crayons de couleurs d'Isaure...
"D'accord Chérie", ponctue l'aristo avec calme tandis qu'il se retrouve en proie à une furieuse envie de péter au quatrième coup de téléphone de son épouse. Là encore, il se contient, il ne va tout de même pas envoyer bouler la femme qu'il aime et qui, de surcroît, lui a donné de si beaux enfants.
Dix tout de même, en 10 ans...!
C'est simple, depuis qu'il est marié, il n'a jamais vu sa femme autrement qu'enceinte...
Enceinte de qui ?
Ben... de lui, voyons...!
Qui a osé poser cette question ???
Silence religieux... l'aristo procrée beaucoup...


Chapitre 2

Chez les aristos, on a beaucoup d'enfants...
Rares sont ceux qui n'en ont pas ou peu.
La bonne moyenne, en général, tourne autour de trois à quatre rejetons par famille aristo mais il n'est pas rare d'en trouver cinq ou six, voire beaucoup plus... comme dit précédemment.
Secrètement conçus dans le silence de la chambre conjugale consacrée (au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit), les enfants de l'aristo arrivent à la queue-leu-leu, dès que celui-ci est marié et engagé. Il se met donc à la tâche très rapidement, d'abord dans l'espoir de donner un héritier à son nom et puis, tout de même, pour honorer sa femme car après ces longs mois d'attente pendant les fiançailles, il n'en peut plus de ne la regarder que dans le fond des yeux même si sa désormais épouse a le regard le plus bouleversant de toute l'aristocratie planétaire.
Une fois sur trois, le premier coup est le bon... c'est comme au tir à l'arc... 
Ben oui, l'aristo a quelques qualités, tout de même... dont celle de savoir lancer sa flèche comme un Seigneur.
- Chéri, je suis enceinte, nous allons avoir un baby...
- C'est merveilleux ma Mie, je suis tellement heureux...
Dans les 24h qui suivent cette nouvelle, oh combien merveilleuse, l'aristo a déjà prévenu son arrière grand-mère (101 ans) qui est au Népal en séjour longue durée de purification du corps et de l’esprit, sa grand-mère, veuve, Mamé, héritière du Château familial et vivant sur ses terres dans un coin du Sud de la Bretagne, sa grande-tante Marie-Léonne, la soeur de son regretté grand-père dont le frère a été tué au champ d'honneur, sa mère, tout de même, à qui il doit la vie même s'il est né avec de grandes difficultés par le siège et que celle-ci a du pousser 152 fois pour le sortir, son père dont il est, aux dires de tout le monde, le portrait craché (d'où l'expression "tel père, tel fils") et enfin, sa prof de maths, très important, avec qui il a gardé un lien, qui s'appelle Prune mais que l'on appelle désormais Racine 2 carrée. S'ensuivent évidemment toute la clique de ses frères et soeurs (nombreux) avec dans l'ordre, Pierre-Marie, Paul-Edouard, Pierre-Antoine, Marie-Domitille,  Anne-Violaine et Anne-Charlotte et s'il en a, dès le lendemain au bureau, ses collègues amis, son patron accessoirement, le comptable de la société et même la cuisinière de la cantine qui veille toujours, quand il vient déjeuner, à lui mettre sur son plateau la petite sauce ketchup dont il raffole tant.
- Oh la la, madame Djimouni, je vous adore... dit l'aristo, heureux comme un enfant et pris soudain d'un débordement affectif, incontrôlable et irrépressible.
Enfin, s'il pouvait le dire aussi à la postière, au curé, à la boulangère et à la charcutière, il ne se priverait pas car il veut que tout le monde soit au courant. Le monde entier doit savoir que l'aristo va bientôt être "papa".
- Et alors, tu vas l'appeler comment ? demande sa mère, la Comtesse de Prunelle, qui depuis qu'elle a appris la bonne nouvelle ne cesse de l'appeler.
- On ne sait pas encore, répond l'aristo, dubitatif... Marie-Hortense penche pour Bérénice si c'est une fille...
- Ca fera plaisir à ta grand-mère, elle qui aime tant Racine. Ah oui, Bérénice de Prunelle, c'est très beau et surtout très distingué. Bérénice, reine de Palestine, secrètement aimée d'Antiochus, roi de Comagène, qui veut l'épouser alors même que Titus met le siège devant Jérusalem. Te rends-tu compte Alban ?
- De quoi, Maman ?
- Mais de ça, mon chéri ! De ce que je viens de te dire ! C'est tragédien... oui, appelle-la Bérénice.
- On verra... pour l'instant, on ne sait pas, répond l'aristo à sa mère.
- Ou alors, tu l'appelles Marie-Adélaïde...
- Marie-Adélaïde ??? Ah non, de grâce...!!! hurle à moitié l'aristo au téléphone.
- Imagine mon chéri... Marie-Adélaïde de Prunelle, comme la Princesse de Savoie, Duchesse de Bourgogne et Dauphine de France, qui épousa le petit-fils du Roi Soleil, fut la mère de Louis XV, jeune femme bien née, lumineuse et rayonnante à la Cour de Versailles.
- Maman, c'était  en 1696 !
- Justement, trois cents ans plus tard, cette petite aura un avenir tout tracé...
- Elle est morte de la variole, vous parlez d'un avenir !
- Oui mais maintenant avec les vaccins, elle pourra accomplir son destin...
- Bon, Maman, on en reparlera, je dois vous quitter...
- Et si c'est un garçon alors ? continue la Comtesse, légèrement insistante.
- Je ne sais pas Maman, je ne sais pas.... on l'appellera, euh... ben... Paul, voilà...!
- Paul, tu dis ? Paul ?? Mais enfin mon chéri, tu ne vas pas appeler ton fils Paul tout de même ?
- Ben si, Paul, c'est très joli, c'est court, c'est bien, c'est pratique et ça se mange sans faim. Je m'appelle Alban, j'appellerai mon fils, Paul.
- Et ta femme, elle en pense quoi ?
- Ma femme, pour l'instant, elle vomit quatre fois par jour...donc elle ne pense pas.
- Ah bon mais c'est très embêtant ça...  et que dit le médecin ? poursuit la Comtesse avide d'en savoir plus sur la santé de sa belle-fille.
- Il ne dit rien Maman... Il dit que c'est normal... Bon, je dois vous laisser.
- Oui, mais tout de même, réfléchis bien... insiste encore cette dernière, parce que Paul, c'est très commun...
Commun ?
Définition du dictionnaire : "ordinaire"...
Mot qui revient très souvent dans la bouche de l'aristo qui, lui, évidemment... n'est pas ordinaire, ne doit pas l'être, ne l'a jamais été et ne devra jamais le devenir, sous peine de choir dans la bonne image qu'il a de lui-même.
Tous les autres, d'ailleurs, à part lui et les gens de sa caste, sont en général très ordinaires, ce qui, soit dit en passant, concerne la moitié de la population.  Ce qui fait qu'on entend très souvent dans la bouche des aristos des réflexions du type :
"Oui, enfin... ce garçon est très ordinaire, cette fille aussi, pendant qu'on y est, est archi-ordinaire, ces gens sont tout ce qu'il y a de plus ordinaires, sous-entendu, banals, quelconques,  ou n'ayant aucune classe et, dans ce cas, pas de signes évidents de distinction, "not distinguished", "nicht unterschieden", "nu disting"... en bref, des gens très communs."
Oui, sauf que dans ces gens très communs, on tombe parfois sur de véritables aristos du coeur, qui, s'ils n'ont pas la particule, recèlent en eux de vrais et immenses trésors de bonté, de générosité, de grandeur d'âme et d'humanité.
Certes... mais ce n'est pas ce que l'aristo voit en premier, non... lui, ce qu'il voit, c'est que Mademoiselle Tra-Baoudé  est chaussée de bottines marron-beige sans aucun style, porte une jupe à carreaux verts et blancs qui ne va pas du tout avec ses chaussures et se trimballe avec un chemisier à pois, complètement dépareillé avec le reste... Non mais enfin... c'est quoi cette tenue, dit l'aristo outré manquant soudain de s'étrangler...?
Et l'autre avec ses seins à l'air, elle se croit où ?
 On n'est pas chez les Zoulous tout de même...!
Ben si, on est chez les Zoulous...
Pardon ? Qu'est-ce ? Qué pasa ? Que vous avez dit quoi, là ???


Moi avoir pas bien entendu...


Chapitre 3

Certains aristos sont sourds comme des pots. Pour autant, quand ils se rendent chez l'othorino, celui-ci ne détecte rien. Pas d'atteinte du conduit auditif, le tympan est parfait et les osselets magnifiques.
Aucun signe d'otospongiose remarquée, pas plus que d'otosclérose camouflée et sur le test de l'acoumétrie, l'aristo s'en tire très bien. A 6 mètres, il entend le chuchotement des oiseaux et à 35 mètres, il détecte cinq sur cinq tous les sons de n'importe quelle provenance. Sa surdité n'est donc pas organique.
D'ailleurs, il fait souvent montre d'une grande finesse auditive lorsque, harassé après une journée de chien, il écoute dans son salon Louis XVI, la sublimissime "Truite" de Schubert, confortablement  installé dans la bergère que lui a légué sa tante Sidonie de Mendhoven.
Ah bon...? Mais alors ? Quoi donc est-ce ?
Justement, la surdité de l'aristo est mystérieuse, comme le personnage d'ailleurs, qui non content de ne rien faire comme tout le monde, comme déjà vu précédemment, devient sourd en fait quand ça l'arrange. Mais attention, pas n'importe où, n'importe quand et encore moins avec n'importe qui.
- Ah bon Chérie, tu m'as demandé de sortir Duchesse ?
Tu en es sûre ? C'est bizarre, je n'ai rien entendu...
- Pardon, Monsieur l'Agent, vous m'avez sifflée, dites-vous ? C'est curieux car, d'habitude, je réagis immédiatement, croyez-le, mais là, je n'ai strictement rien perçu. Vous n'avez pas du siffler très fort, Monsieur l'Agent, sauf le respect que je vous dois.
- Non Monsieur le Directeur, il ne me semble pas que vous m'ayez dit de rendre ce rapport le 12. J'ai une très bonne oreille et j'en aurais pris acte... De plus, vous savez toute l'admiration que j'ai pour vous et combien il me serait insupportable de ne pas rendre gloire à vos désirs... Aussi, je suis certain de ce que j'avance : vous ne m'avez pas donné de date butoir...
Et le Directeur, et l'Agent et la Chérie de se retrouver tout confus, se confondant presque en excuses devant l'aristo dont la surdité, aussi soudaine qu'inattendue, grandit au fur et à mesure que son nez s'allonge.
Pinocchio n'a pas fini de faire parler de lui.













... à fortiori s'il est Duc, Prince ou Roi e
Donc, sauf exception,


suit parfaitement les dix commandements






 








(1er jet..................)